mercredi 11 janvier 2012

la si-tu-a-ti-on mérite atten-ti-on

Rendez vous hier avec ma psy, ma bonne fée des lilas.
J'ai terminé en pleurs comme dans 80% des consultations avec elle depuis quelques temps. J'ai dit que je sentais que je glissais vers la dépression, que je le sentais. Et que cela m'était insupportable. Que pour moi dépression = folie. Je lui ai dit que j'avais pensé prendre de la fluoxétine il y a une semaine environ (équivalent du Prozac) mais qu'un jour de rangement radical, j'avais jeté les boites (je n'ai jamais réussi à avaler plus d'un cachet de ces boites parce que je suis de manière générale anti-médicament). Je sais que l'hyperphagie s'installe sur un fonds dépressif mais je ne l'accepte pas.
Ma Bonne Fée m'a dit : je ne pense pas que vous si dépressive, je pense surtout que vous avez une grande fatigue psychique, que vous faites un burn-out, que vous avez résisté jusqu'ici, mais que vous êtes épuisée. Prenez de la fluoxétine et voyez cela du côté biologique. Vous n'êtes pas folle. Biologiquement, l'état d'épuisement psychique (je crois qu'elle m'a dit ça pour me rassurer et ne pas ajouter à mon angoisse en redisant le mot dépression...) va de pair avec un manque de sérotonine. Prendre de la fluoxétine, c'est réinjecter de la sérotonine. Ma bonne fée pense que si je prends de la fluoxétine maintenant, ce sera pile treize jours avant de reprendre mon travail et cela me mettra dans un meilleur état pour réattaquer la rentrée et les conditions compliquées de mon travail. Elle reste persuadée que l'idéal serait que je m'arrête plusieurs mois pour me concentrer sur ma santé, et mon amaigrissement, mais je considère que ce n'est pas envisageable dans ces temps de crises. Je veux essayer de trouver une solution intermédiaire. Nous avons évoqué le temps partiel thérapeutique. Je veux m'en sortir, c'est indéniable. Peut être ai je tors de penser que je pourrais y arriver en ne m'arrêtant pas totalement, mais pour le moment, je veux essayer.
Ma Bonne Fée pense que les solutions que j'envisage (et dont je parlais dans mon post d'hier) sont bonnes. Elle a proposé qu'on se revoit juste avant que je reprenne pour m'aider par une séance d'hypnose à reprendre le travail sans être dans une certaine angoisse d'une part, et avoir quelques outils (des images) qui m'aident à me protéger. Je pense que c'est une bonne idée.
Ma Bonne Fée a insisté sur le fait que ma guérison passera par un désinvestissement total de mon travail , au vue des conditions qui ont changé, de la place que j'ai actuellement là bas. Je le sais. Elle a ajouté que ce n'était pas simple car c'est un travail de deuil à faire.
Mais il faut que je le fasse. Je suis d'accord là dessus.
Elle a terminé en disant que pendant mon arrêt, il fallait déjà que je me repose, que je me détende avant toute chose.
Elle a dit quand je lui ai expliqué que j'avais conscience que je ne m'aimais pas : Pourquoi ? Il n'y a rien dans vous que vous aimiez ?
J'ai dit : ce que j'aime chez moi, c'est ma façon de travailler, c'est la fierté que je retire de cela. Alors comme cela s'écroule depuis un temps...
Je sais depuis longtemps (mais le tout n'est pas tant de le savoir que de le ressentir profondément pour pouvoir changer) que la voie de la guérison passe par une estime de moi.
Ma Bonne Fée a dit : peut être que cet épisode "dépressif" est une bonne chose, qu'il va vous ramener vers vous. Ce n'est pas honteux de traverser une période difficile et d'abattement.
Vous êtes fatiguée de beaucoup de choses que vous avez pris sur vous.
Je me suis dit ce matin : peut être que c'est maintenant en effet que je dois jeter les sacs qui allègeront la montgolfière.... pour prendre de la hauteur, mieux respirer, et commencer un beau voyage, celui qui me fera voir d'autres paysages. Que je ne reste plus bloquée au sol... Que je m'allège...

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